Lettres-poèmes, correspondance avec Gaudí.

Compte rendu de Tristan Hordé paru dans Sitaudis le 15 juin 2014 : 

« On remontera volontiers aux Héroïdes d’Ovide pour débuter la tradition des lettres d’amour adressées à un amant ou une maîtresse fictifs, et l’on sait qu’elles eurent de très nombreuses imitations, notamment à la Renaissance. Les Lettres-Poèmes publiés maintenant auraient été écrits par une jeune femme à Antoni Gaudi, le premier envoi daté du 2 mars 1924, suivi de 17 autres, le dernier du 27 avril 1927, donc après la mort de l’architecte catalan, le 10 juin 1926 à l’âge de 74 ans ; suivent deux fragments d’un journal poème écrit en 2000. Matthieu Gosztola aurait hérité d’un oncle une vieille maison en Espagne et l’un de ses premiers soins aurait été de visiter le grenier : il aurait trouvé, évidemment à l’écart, une malle contenant des lettres et, choisissant ce qui débordait l’intime, les aurait traduites. Traduction est toujours trahison : on reconnaît son écriture dans les poèmes en vers libres d’Antonia Maria Arellano, par ailleurs pianiste. Il n’a pas trouvé trace de cette mystérieuse épistolière qui aurait vécu plus que centenaire : on comprendra que, fictive, elle est prétexte pour son inventeur de reprendre des motifs  qui lui sont familiers. La relation à Gaudi, donc à l’architecture, est donnée d’emblée dans la première lettre : un « on » projette l’utopie de maisons ventres qui ressemblent singulièrement au ventre maternel : elles protègeraient « du danger que / représente / l’imprévisible avec lequel le dehors se confond », et leurs chambres, lieux clos, y seraient avant tout le lieu de l’intime, de l’amant et de l’amante. Affirmation lyrique par le biais d’un indéfini auquel, dès la seconde lettre, se substitue un « je ». La fictive Antonia s’enthousiasme pour l’art de Gaudi, à la fois écriture de et dans l’espace, danse des éléments, musique, restitution d’une émotion qui transforme la vision du réel. Histoire d’une rencontre rêvée entre Antonia et Antoni ? une lettre très courte annonce un rendez-vous, la suivante datée du surlendemain la rappelle, avec l’espoir d’une fusion, évoquée dans une autre lettre, « j’existe avec toi /et seulement / avec toi qui / m’existes / en t’exis- / tant », fusion qui donne lieu à des variations sur les deux prénoms, sur le corps des amants, « non pas mêlés, mais / réunis », et qui inscrit ces « passagers de l’évidence » dans une histoire de l’amour. Mais la rencontre n’aurait pas eu de lendemain, ce qui n’empêche pas la jeune femme d’écrire : manière de journal au toujours absent, à qui elle s’adresse avec le « vous », puis le « tu ». Vient sous sa plume le nom d’Orlando, allusion à l’histoire d’amour de l’Orlando furioso de l’Arioste, nom venu du rêve et lié à l’écriture. Le poème serait assemblage de ce qui est dispersé pour devenir harmonie, « fait de pièces de céramiques cassées, le / poème-trencadis »*, non pas puzzle à reconstituer mais composition qui demeure toujours inattendue. C’est ce que dit autrement une lettre : dans un groupe qui parle, chaque voix est distincte mais leur ensemble forme « une unité / qui à aucun moment les fait / mourir en tant qu’individualités » ; ou le poème est à l’image de la mer dont on imagine saisir quelque chose en collant un coquillage à l’oreille, et l’on ne fait que saisir ce qui interrompt le silence. Les premières pages du journal d’Antonia n’abandonnent pas Gaudi, toujours présent, « dans l’ignorance superbe de la mort ». Elle évoque un voyage en Inde, « tourbillon », un autre à Venise, « mirage », qui ne sont rien puisqu’ils ne permettent pas d’« être en lieu, comme l’on dit / être en vie », ce que lui apporte les créations de l’architecte. C’est par le dernier fragment du journal que le lecteur est certain du caractère fictionnel d’Antonia : âgée alors de 103 ans, elle lit Fleischer et reçoit des mails de Jean-Paul Michel, poète auquel la revue NU(e) vient de consacrer un numéro préparé par Gosztola…, et c’est par deux citations, dont l’une étendue de Michel que s’achèvent les lettres poèmes. À partir du personnage d’Antonia, se mêlent l’hommage à un architecte, des variations sur l’écriture et la musique, une vision du couple — « Nous sommes deux, mais le même élan », écrit-elle à Gaudi —, les motifs du rêve et de l’enfance. Matthieu Gosztola continue aussi son approche singulière de la création, écrivant sa lecture d’une œuvre par la poésie comme il l’a fait dans des entretiens — imaginés — avec Lucian Freud en 2013. 

* trencadis : littéralement « pique-assiette », technique de constitution de mosaïque (inventée par Gaudi) par récupération de morceaux de céramique, utilisée notamment dans le Parc Güell à Barcelone. »

Compte rendu d’Antoine Émaz paru dans Poezibao le 9 juillet 2014 : 

« Les derniers livres de Matthieu Gosztola semblent tourner autour de trois pôles, ou forces motrices : le lyrisme amoureux (Recueil des caresses échangées entre Camille Claudel et Auguste Rodin ; Lettres-Poèmes), l’art (Rencontre avec Balthus ; Rencontre avec Lucian Freud), la violence du monde (Débris de tuer ; Etnachta). Mais en fait chacun de ces livres accentue un « thème » sans délaisser les deux autres. Par ailleurs, chaque livre est construit selon un dispositif différent, le plus surprenant étant sans doute la forme théâtrale employée dans Rencontre avec Lucian Freud, « Poème en un acte ». Les Lettres-Poèmes ont aussi un sous-titre, « Correspondance avec Gaudi » ; ce livre serait donc plus proche d’Etnachta pour le choix du dispositif, disons narratif-épistolaire. Dans les deux livres, en effet, on retrouve la forme de la « lettre-poème » mais dans ce livre chez Abordo, elle est beaucoup plus nettement intégrée dans un récit, un « avant-propos » d’une dizaine de pages durant lesquelles le narrateur expose les circonstances de sa découverte des lettres et du journal d’Antonia Maria Arellano. Elles attendaient à Aleria, au fond d’une vieille malle, elle-même dans un recoin du grenier de la vieille maison d’un oncle éloigné dont le narrateur vient d’apprendre par le notaire qu’il a hérité. Le lecteur jugera crédible ou non cet artifice littéraire, c’est de peu d’importance. Le narrateur décide de traduire cette correspondance, ou plutôt les lettres d’Antonia Maria, puisque celles de Gaudi semblent curieusement perdues. Le livre nous présente donc des extraits de lettres qui s’échelonnent de 1924 à 1927, puis une dizaine de pages extraites du « journal-poème », datées de 2000. On comprend que le récit justificatif de la genèse du texte est surtout présent pour établir une situation et une relation amoureuse précise, donnée comme vraie : cela permet de retrouver par les lettres le feu d’une passion ancienne (« mon amour mort » p. 94) et d’ « agrandir d’une possibilité nouvelle le jeu de la vie une autre fois. »(p. 99) Car l’écriture poétique des lettres est résolument contemporaine : distiques de vers libres courts ou vers plus ample presque prose rythmée par les coupes. Aucune recherche d’un style qui se voudrait imiter le langage amoureux d’une femme espagnole dans les années 1920. Par contre, le lien entre amour et architecture de Gaudi est marqué par moments : « La crypte de la Colonna Güell, la crypte / de la Sagrada Familia, la Casa Milà, la // Casa Batlo, la Casa Vicens, le Parc Güell, / le Palais Güell… Vivant en vos lieux aussi // souvent que j’en ai la possibilité, aussi / souvent que la vie m’en offre la chance, // l’émotion, j’ai le sentiment d’être dans / la musique. » (p. 50) Mais cette admiration pour l’artiste est comme un préalable, un seuil. Dans les plus belles lettres d’amour du livre, qui sont aussi les plus longues, telles celles du 13 mai 1926 ou du 24 juillet 1926, Gaudi n’est plus qu’amant. Son art demeure encore peut-être présent dans le flamboiement de la passion, dans une écriture en volutes et vagues longues, mais les références architecturales ont disparu. De même, dans les pages finales du « journal-poème », si Antonia Maria reprend au départ la généalogie familiale de Gaudi (p. 97) c’est pour dépasser l’histoire vers une éternité du couple: « La vie, / la seule vie, cette unique chance à // nous donnée, une seule chance, /mais qui les contient toutes, et // non pas pour un instant, mais / à jamais puisque ce qui aura // une fois été l’aura été pour / toujours, inépuisablement. » (p. 100) Au fond, ce livre répond à une question qui hante les livres de M. Gosztola : le temps, la mort, le rien ont-ils le dernier mot ? Et la réponse est de nouveau affirmée : non. « une intuition très sûre / nous dit, la poésie le // confirme, le souvenir, / l’histoire, les noms, // les signes que nous / sommes, les uns // pour les autres, / dans le mystère // de chaque instant, / une intuition très // sûre nous dit que / ce qui aura une fois // été l’aura été sans qu’il/soit le moins du monde // possible de l’oublier si peu / que ce soit. » (p. 101) »

Compte rendu d’Angèle Paoli paru dans Terres de femmes (numéro 116, juillet 2014) :

« UNE PARFAITE ADÉQUATION DE LA MAISON ET DU CORPS

Étrange petit opus que ce recueil de lettres-poèmes présenté par Matthieu Gosztola comme une correspondance avec Gaudí. Étrange par l’ambiguïté formelle qui établit d’emblée une identité étroite entre deux genres habituellement distincts ; combinaison, visible/lisible, de la lettre et du poème. Étrange par l’apparition inattendue, en sous-titre, du nom de Gaudí, architecte catalan universellement connu. Correspondance avec Gaudí. Gaudí, destinataire de dix-sept lettres-poèmes non signées, dont le nom de la scriptrice n’est donné que dans l’avant-propos. Antonia Maria Arellano. Étrange, enfin, par toutes sortes de petites étrangetés qui surgissent en cours de lecture, comme autant de pièces imbriquées les unes dans les autres, démultipliant à l’infini les angles d’approche et les interprétations ainsi que les champs poétiques explorés par Matthieu Gosztola, poète. 

Poèmes, les textes en vers libres se rapprochent de la prose narrative. Si, dans sa lecture silencieuse, le lecteur s’abstient de respecter les rejets et les coupes inattendus. Tantôt longs tantôt brefs, les vers déclinent leur variété formelle — du distique au quatrain en passant par des strophes plus denses, du pentasyllabe à l’hendécasyllabe — selon un rythme syncopé inhabituel. Non signés, mais portant la marque du féminin, les poèmes s’apparentent à des lettres par leur présentation : chaque poème est en effet précédé et introduit par une date en lettres italiques. Vient ensuite le ton adopté par la voix de celle qui s’adresse à Antoni. Le ton de la lyrique amoureuse, qui joue habilement des deux registres, épistolaire et poétique :

« Je t’écris entre deux
vitesses, laissant mon

attention vagabonder,
non, retrouver son

chemin vers toi. Nos
lettres. Le temps

d’attente qu’elles
construisent autour

d’elles, dont elles
s’entourent. »

(14 avril 1926)

Dans Lettres-Poèmes, les frontières entre genre épistolaire et poésie semblent s’estomper pour donner naissance à une correspondance onirique et poétique : celle qu’Antonia Maria Arellano adresse à Antonio Gaudí y Cornet, décédé à Barcelone en 1926. Correspondance réelle ou pseudo-correspondance ? À qui convient-il d’attribuer ces poèmes d’amour qui jonglent avec les pronoms personnels ? À Antonia Maria Arellano ou à Matthieu Gosztola ?

« Et toi, vous, dans la réalité, dans toutes

les réalités, tu surpasses, vous surpassez

aussi

toute imagination. Je vis avec tes phrases

même quand tu ne parles pas (je veux dire

dans
mes
rêves — ne vous moquez pas). »

(5 décembre 1925)

Pourtant l’omission (volontaire ou non) de quelques accords — adjectif qualificatif ou participe passé laissés au masculin — laisse supposer la présence palimpseste d’un épistolier prêtant sa voix à l’épistolière :

« Je suis moi aussi habité[e] par l’amour de la

Catalogne. […]

Je suis très touchée par la façon dont les

lieux naissent

au bout de vos doigts […] »

(10 mars 1924)

ou encore :

« Pas un mot que nous
aurons, je l’espère, j’en

suis sûr[e], à bousculer
sur la page… »

(6 mai 1926)

Le sous-titre, Correspondance avec Gaudí, suffit-il à authentifier l’échange entre une amante éprise de « l’écriture de l’espace », telle qu’elle l’a découverte dans les créations du grand architecte, et cet amant dont elle loue l’immense talent ? L’avant-propos de Matthieu Gosztola fait explicitement allusion à « des lettres écrites par Antonia Maria Arellano » ; lettres que l’amante (fictive ? réelle ?) « avait adressées à Antoni Gaudí ». Lettres « soigneusement glissées dans des pochettes de plastique » et appelées par la jeune femme « lettres-poèmes ».

Rien de plus tentant que de prendre pour réelle cette correspondance. Pourtant la lectrice que je suis se plaît aussi à imaginer qu’il n’en est rien. Sans doute parce que me vient spontanément à l’esprit, en surimpression avec l’avant-propos, le souvenir de lettres fictives, maillons incontournables de nombre d’œuvres romanesques des siècles passés. Comment ne pas songer, par exemple, aux Lettres d’une religieuse portugaise (1669), œuvre du vicomte de Guilleragues ? Et comment ne pas se laisser séduire par les propos du narrateur qui se dit, dès l’incipit, sous l’emprise (le « charme ») des textes d’Edgar Allan Poe ? Comment, dès lors, ne pas le suivre dans les cheminements de son imagination ? 

De cette assertion première découle en effet toute une série de circonstances/péripéties qui entraînent le lecteur dans le sillage du grand romancier américain. À commencer par la fameuse correspondance trouvée au fond d’une malle, mêlée à toutes sortes de papiers de famille sans grand intérêt ; dissimulée de longue date dans le grenier de la maison, cette malle est soudain découverte par un jeune homme qui vient tout juste d’hériter de la vieille « bâtisse délabrée ». Ce préambule, tout imprégné d’un romanesque que l’on savoure jusque dans le style et dans la tonalité, évoque tout aussitôt une famille d’auteurs et un ensemble de récits où fiction et réalité s’entremêlent, piégeant (non sans délices) le lecteur aux prises avec ses interrogations. Cette histoire d’héritage inattendu, venant d’un oncle lointain et à peine entrevu, est-elle le fruit d’une invention ? Un prétexte littéraire propre à donner à l’imagination toutes les chances de tenir sous son emprise le lecteur avide de rebondissements et d’anecdotes à tiroirs ? La lourde malle cadenassée, emplie de trésors, est-elle une pure invention d’écrivain ? Que penser des lettres-poèmes, découvertes par un jeune héritier qui se sent soudain investi du devoir de révéler ces lettres à un public ? Et donc de celui de se soumettre à tout un travail préalable — de relecture et de choix, d’organisation et de traduction — dans le but de confier ces lettres à un éditeur ? Matthieu Gosztola est-il le héros de sa propre fable ? Le créateur de son personnage féminin ? Tout est envisageable. Il est possible même qu’il se rêve, semblable en tous points, dans son travail d’écriture et de création, à ce qu’Antonia dit de Gaudí :

« Vous
restituez à merveille ce mouvement par

l’entrelacs sensible des éléments de votre
écriture si sensible, si torsadée, de l’espace,

qui

donnent à ressentir les myriades de

sonorités

et de cahots d’images à quoi peut aussi

parfois,

et fort heureusement, se résumer

l’architecture… »

Peut-être y a-t-il une part de vrai dans l’enchaînement des circonstances. Et, en définitive, quelle importance cela a-t-il, hors le plaisir de se livrer au jeu de détective dans lequel l’auteur entraîne son lecteur ? De Matthieu Gosztola, je ne connaissais que les écrits critiques. Par cette lecture, je découvre l’auteur et le poète. J’avoue ne pas être déçue. J’avoue même être très séduite par la mise en abyme des différentes thématiques imbriquées dans ce livre et la part de mystère qu’il distille. Écriture / architecture / musique / poésie / amour. Autant de formes qui entrelacent leurs arabesques d’un poème à l’autre, proches en cela du « dessin de l’auteur, sans titre, encre / papier », en illustration de la première de couverture. Une danse. Qui s’imprime en creux, émaillée de silence.

Ces lettres-poèmes relevant d’un choix éditorial (comme il est dit dans l’avant-propos), il ne peut s’agir d’une correspondance exhaustive. Chacune d’elles est un extrait, daté. Les dates s’échelonnent entre 1924 — soit deux ans avant la disparition de l’architecte, survenue le 10 juin 1927 — et 2000. Six lettres portent la date de 1924 ; les trois suivantes s’inscrivent dans l’année 1925. Sept lettres occupent l’année 1926, interrompue par un saut en avant jusqu’au 27 avril 1927. Ce bond est suivi d’un retour en arrière sur l’année 1926. Ce premier ensemble se clôt sur une reprise de la lettre-poème du 27 avril 1927. Reprise du même poème avec variation (musicale ?) et enrichissement de la thématique amoureuse :

« Quand je
pense à

nos corps
ensemble,

je pense à
la cathédrale

de Majorque.
S’aimer, c’est

comme juxtaposer
trois verres ayant

chacun le visage
d’une couleur

primaire, en
prenant (bien)

soin de varier
l’épaisseur du

cristal afin que
puisse être graduée

l’intensité de la lumière. »

(27 avril 1927, p. 62)

Et, plus loin :

« Quand je
pense à

nos
corps

en
semble,

je pense…
Mais avant,

J’aimerais te
dire une chose.

Une seule
chose.

[…]

quand je pense
à nos corps

ensemble,
je pense à

la
cathédrale

de Majorque.
Celle-là, dont tu

me parles toujours
avec tes larmes.

S’aimer,

c’est

comme juxtaposer
trois verres ayant

chacun le visage
d’une couleur

primaire, en
prenant
(bien)
soin

de varier
l’épaisseur

du cristal

afin que
puisse être

graduée
l’intensité

de la
lumière. »

(27 avril 1927, pp. 85-89-90)

Cette dernière lettre-poème clôt la première partie du recueil, de loin la plus importante. Suivent deux extraits d’un journal-poème daté de 2000. Antoni Gaudí est mort depuis longtemps. Antonia Maria Arellano, âgée de 103 ans, raconte dans ces pages ses différents voyages. Elle est en relation avec Jean-Paul Michel (Je lis Hölderlin comme on reçoit des coups ?) « tout à la fois le/fils caché d’Hölderlin et le dernier des/grecs illustres », dont elle reçoit des courriels. Elle n’en n’oublie pas pour autant son illustre amant, qui lui avait appris, au travers de son art de la dentelle et du silence, l’art de conjuguer le dedans et le dehors, de les mettre au diapason l’un avec l’autre. Pour lui, elle a inventé, animée par la ferveur de Matthieu Gosztola, un art poétique de l’amour. Idéalement conçu, dès la première lettre-poème, dans la parfaite adéquation de la maison et du corps. 

« Nous construirons des maisons. Nous

construirons des maisons comme des corps.

Les maisons seront nos corps. Il y aura le

dehors.

Il y aura le dedans. Le dedans du corps sera

l’exact

prolongement de l’intérieur des maisons… »

(2 mars 1924)

Un petit bijou de livre qui nous emporte

« et nous ravit (dans le sens de : nous enlève

à l’aveuglement auquel nous contraint le

réel,

trop souvent) […] »

(10 mars 1924) »

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