Sur la musicalité du vide.

Compte rendu de Christophe Samarsky paru dans Cahier critique de poésie, numéro 7, Centre international de poésie Marseille, Éditions Farrago, 2004, p. 181.

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Compte rendu d’Emmanuel Flory paru dans Contre-allées, « revue de poésie contemporaine », numéros 17-18, 2005, p. 91.

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Compte rendu de Georges Guillain paru dans la section du site de la ville de Boulogne-sur-Mer consacrée au Prix des Découvreurs :

« Le second volume de Sur la musicalité du vide de ce jeune étudiant en Littérature qu’est encore Matthieu Gosztola peut se lire comme une partition c’est-à-dire ici comme une suite de mesures superposant différentes lignes musicales essentiellement destinées à faire entendre ce silence où retentit plus que dans les mots eux-mêmes, qui n’en sont jamais que la figure en creux, cet appel impuissant que nous adressons aux êtres comme aux choses. D’où ce terme de « lacunes » qui apparaît en sous-titre du texte, et cette affirmation initiale, très actuelle, trop peut-être, selon laquelle quoi qu’on tente d’exprimer, «  la langue ne donnera jamais que de ses nouvelles ». De fait, le texte procède par succession de courts fragments décalés de phrases composant un sens le plus souvent énigmatique où le caractère d’évidence poétique, comme insulaire aussi, lié le plus souvent à la trouvaille, vient se heurter à l’émergence continentale de ces vastes espaces de blanc que l’auteur pousse parfois l’audace jusqu’à rythmer de simples traits de soulignement. Du jeu de la phrase et du blanc naît ainsi la véritable musicalité de cette poésie qui par ailleurs frappe par le caractère assuré de ses images. A partir de motifs qui restent le plus souvent traditionnels et de thèmes qui font la part belle à l’amour, la nature et la mort, Matthieu Gosztola adapte à notre poésie celle tellement retentissante bien qu’impalpable le plus souvent, de la tradition japonaise du haïku qui fait de l’écriture du monde ce moment privilégié de l’écriture du sujet. Pris vivant dans ce monde. Toutefois, les petites explosions ou floraisons successives de sens qui composent le livre de Gosztola s’affranchissent largement dans le détail de leur modèle oriental. Le « je », réfléchi, y est beaucoup plus perceptible et la conscience poétique de l’auteur ne cherche pas avant tout à se fondre dans l’ici-maintenant de l’expérience immédiate, orientée qu’elle est souvent vers la production d’aphorismes ou de rapides interrogations philosophiques ou existentielles. En fait, et le caractère audacieux et parfois violent des images le prouve, l’expressivité de soi l’emporte ici largement sur la fusion avec le monde, composant une sorte d’ouvrage où les divers accidents de l’existence et les questionnements qu’ils génèrent pris dans leur hétérogénéité et leur discontinuité trouvent l’un après l’autre leur traduction sensible. Parmi ces surgissements il y en a d’infimes comme la rencontre de « deux pétales rapprochés avec le pied » qui finissent par composer « un improbable papillon ». Il en existe malheureusement d’infiniment douloureux comme la mort du père, mort sans avoir fini sa vie et que le fils va continuer en se faisant poète à son tour. Toute la fin du recueil remet en scène, la mort du père disparu quelques années auparavant, dans une suite qui par sa relative unité s’oppose au discontinu, à l’éclatement des notations de la première partie. S’ensuit alors un effet de pathétique sans délayage heureusement qui ne pourra que retenir le lecteur suspendu dans sa lecture par l’insolite évidence de ces passages dont la violence contenue traduit bien la charge d’émotion qu’on sent si fortement à l’origine de ce livre. »

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Compte rendu de Cécile Thibesard paru dans Terre à ciel, « site de poésie contemporaine », décembre 2010 :

« Le titre annonce une présence en creux, une résonance particulière du silence. Ponctuation du vide que l’on retrouve dans la disposition des poèmes dans l’espace: jeu différent avec les blancs d’un poème à un autre, pages vierges, poème de deux vers isolé en bas de la page, quelquefois mots remplacés par des traits horizontaux, pareils à des notes de musique. La première partie du recueil explore le rapport au monde (Deux pétales rapprochés avec le pied / un improbable papillon) et à l’être aimé (Tu es nue / tout devient flou / pour te laisser la place), dans un certain apaisement : présent d’éternité et rythme similaire à celui des haïkus (Humer l’espace autour d’une fleur/ se souvenir des choses / qui n’auront lieu que demain). Photographie de l’instant, concision et finesse de la description, ouverture sur une sagesse : autant d’échos à la poésie japonaise. Dès le début du recueil, un poème annonce la recherche de sens de celui qui vit / écrit: Mettre le feu à notre vie / pour que la partie qui ne brûle pas / nous apparaisse. Quête de l’essentiel dont on comprend les raisons dans la deuxième partie. Une date (Aujourd’hui/ 1er avril / mon père meurt / il m’abandonne aux insectes)évoque le basculement opéré par la disparition. La mort du père change le rapport au langage (Papa / en mourant / tu m’as donné une grande claque / dans le poème). L’adresse au père scande cette partie, cri de solitude d’un enfant qui doit réinventer la vie dans un monde bouleversé (Papa : tu nous quittes / le ciel / qui va par terre). Matthieu Gosztola dit la violence du sentiment d’abandon (Mon père s’en fout de mon visage/ même ma main posée sur son épaule / passe inaperçue)en même temps que l’invention d’une autre manière d’être avec le disparu (En réalité/ mon père debout/ sur la marche de la cafetière). Interrogation sur la façon de vivre dans le silence de l’autre, à travers son souvenir. Image du phare qui parcourt cette partie. Ce jeu d’ombres et lumières ne serait-il pas d’ailleurs une clé du recueil ? J’ai eu l’envie, arrivée à la fin du livre, de me replonger dans les premières pages. Sensation d’un cycle, d’un flux. Certains poèmes de la première partie annoncent la tension de la mort : Deux chacals veillent sur le silence / de l’agneau en sang. De la même façon, les poèmes de la deuxième partie, bien qu’hantés par la mort, se terminent sur une renaissance (image de l’oiseau blanc), sur une vie assumée malgré ses vides. Force du « je choisis » qui clôt le recueil. Reste ce main tenant qu’écrit Matthieu Gosztola : manière d’être là dans un présent, et en lien. Magnifique métaphore de ce qu’est l’écriture. »

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Sur la musicalité du vide est cité parmi les « quarante livres » de la « bibliographie pour découvrir la poésie d’aujourd’hui » parue dans Les Cahiers pédagogiques, numéro 417, « poésie poésies, l’école et la commune », octobre 2003, p. 44.

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Compte rendu de E. R. (« La palpitation du silence et la musicalité du vide ») paru dans Ouest-France, mercredi 13 juin 2001.

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Michaël Bishop écrit dans « L’Année poétique : de Bonnefoy et Du Bouchet, Jaccottet et Michel, à Grangaud et Dreyfus, Beaulieu et Voisard », article paru dans The French Review (volume 76, numéro 1, USA, American Association of Teachers of French, octobre 2002, p. 22) :

« Sur la musicalité du vide, premier livre de Matthieu Gosztola s’offre […] comme un vaste réservoir d’observations et d’évocations, d’aphorismes et de notations inclassables. Fragmentation et accumulation rivalisent tensionnellement ; le continuum qui en résulte, kaléïdoscopique, jamais contextualisé, ne véhicule aucune épistémologie stable ; seul l’espace du poétique affirme implicitement l’idée d’une cohérence au cœur même d’une implosion textuelle qui s’avère antirationaliste, féerique, spontanément sinueuse, totalement libre, aveuglante. »

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